La vie des Saints
Saint Abbon ou Abbo
Fêté le 13 novembre.

Bibliothèque municipale d'orléan, ms. 277, p. 62
Copyright CNRS-IRHT
Né près d'Orléans en 945, il fut confié très jeune à l'abbaye bénédictine de Fleury ou Fleurie (aujourd'hui saint Benoît-sur-Loire) où il fait ses premières études, puis à l'école de Paris et de Reims, et s'intéressa à l'astronomie et aux mathématiques dont il écrivit divers traités qui sont restés inédits (1).
Il fut envoyé deux fois à Rome, en 980, par le roi Robert, dont il fut l'ami et le conseiller (dit Robert le Saint, fils de Hugues Capet), pour apaiser Grégoire V, qui voulait mettre le royaume en interdit. Il soutient ainsi les droits de l'Eglise avec une vigueur peu commune, ainsi que la discipline et les bonnes murs.
Du 11 avril 982 à 986, il est envoyé pour organiser l'enseignement au monastère de Ramsey (Angleterre), et faire revivre les règles de Saint-Benoit, avant d'être rappelé à Fleury (2).
Et c'est en 988 qu'il est élu abbé de Fleury grâce à l'appui du pape Gerbert (Aurillac 930-1003, devenu pape de l'an mil sous le nom de Sylvestre II). Il défend alors en 997 " les droits de son monastère contre les prétentions des évêques dont celui d'Orléans, afin de préserver leur indépendance temporelle (ne pas payer d'impôts) et spirituelles (gouverner librement leur communauté et élire eux-mêmes leurs dirigeants) " Bruno Lagrange, et obtient ainsi du pape, son protecteur, l'indépendance des moines par rapport aux évêques et au roi.
Sous son abbatiat et celui de Gauzlin, son successeur et futur archevêque de Bourges, l'abbaye a abrité toute une pléiade d'écrivains, historiens, hagiographes ou poètes.
Venu avec quelques uns de ses moines en Gascogne à la demande de l'abbé Richard (abbé du nouveau monastère de la Réole sur Garonne), afin d'apaiser les dissensions entre moines Francs et moines Gascons de l'ancienne abbaye de Squirs, " [
] tous séparait les Francs et les Gascons. Les enchaîner ensemble, c'était former une communauté avec des éléments presque insociables " Jean-Hustin Monlezun, il joue le rôle de médiateur avant de repartir.
Mais les querelles après son départ reviennent, et Abbon décide de revenir, répondant ainsi aux prières des moines Francs :
" A leur prière, Abbon revient sur ses pas,
et dès qu'il fut sur les terres du duc Bernard,
il dit à l'historien Aimoin (3) qui l'accompagnait,
et aux autres personnes de sa suite :
ici, je suis plus puissant que le roi de France " (4)
Il est alors grièvement blessé d'un coup de lance dans le côté, dans une querelle qui s'était élevée entre les moines Français et les Gascons (5), et meurt le lendemain 13 novembre 1004 à l'abbaye.
Il fût enterré, le mercredi suivant son meurtre, dans l'église de la Réole, devant l'autel de saint Benoit, d'où dit l'histoire, des évènements miraculeux se sont produit dès les premiers jours.
Indigné par le meurtre sur ses terres, le duc Bernard, dont l'abbaye dépendait, pendit ou jeta aux flammes quelques moines Gascons, et mit les Francs dans la possession exclusive de l'abbaye.
François-Xavier Féghali
Notes
(1) Cf. Calculum Victorii commentarie, son principal traité qui lui donna sa gloire. Ecrit sans doute aux alentours des années 970-980.
" [
] Tel est surtout le recueil de Canons par Abbon de Fleuri, qui est d'autant plus estimable, qu'il a été plus attentif à n'y faire entrer que des autorités non suspectes, sans avoir rien pris des fausses Decretales. Recueil digne d'aller de pair avec les Capitulaire de nos Rois, et qui mérite pas moins d'autorité ; puisqu'il est dédié aux Rois Hugues et Robert, qui lui donnèrent leur approbation. Il y a aussi de beaux traits sur la Discipline, dans l'Apologétique du même auteur, et dans sa très-longue Letre, touchant le soin qu'on doit prendre de conserver les biens ecclésiastiques "
In Histoire litéraire de la France ou l'on traite de l'origine et du progrès, de la décadence.
(2) " Oilboldo itaque abbate Abbo in Angliam vocatus proficiscitur, ibique, ut scolasticus monasterii Ramensensis", cité dans Gerberti postea Silvestri II papae - Opera Mathematica (972-1003), page 197
(3) On peu considérer Aimoin (Aimoini) comme le biographe officiel de saint-Abbon. Cf. Vitam s. Abbonis, cité dans Gerberti postea Silvestri II papae - Opera Mathematica (972-1003), page 197
(4) Cité par Jean-Hustin Monlezun, d'après la Vie de Saint-Abbon chap. 20 par Aimoin
(5) La veille de saint-Martin, précise Jean-Hustin Monlezun.

Folio 118r : diagramme d'Abbo sur son : Opinion concerning the System of the Sphere
MS Hunter 85 - Special Collections Dept., Glasgow University Library
Avec tous nos remerciements
Bibliographie
Histoire de la Gascogne depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours
Par l'abbé Jean-Hustin Monlezun, tome 1, pages 401 à 405
J. A. Portes, Auch, 1846
Histoire litéraire de la France ou l'on traite de l'origine et du progrès, de la décadence
Par les Religieux Bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur.
Edition revue par M. Paulin Paris
Librairie de Victor Palmé, Paris, 1867
Dictionnaire Historique des Saints
Par Bruno Lagrange
Editions EDL, Paris, mai 2002
Gerberti postea Silvestri II papae - Opera Mathematica (972-1003)
Par Nicolaus Bubnov, pages 197-198
Georg Olms Verlagsbuchhandlung, Hildesheim, 1963
Revue des questions historiques
Histoire de saint Abbon par l'abbé J.-B. Pardiac, pages 590-591
Tome 11, 6ème année, librairie Victor Palmé, Paris, 1872
Imago Mundi
http://www.cosmovisions.com