Dénomination des monnaies
Dénomination des monnaies
Dans son traité sur la numismatique, J. Adrien Blanchet(1) introduit ainsi sa nomenclature des monnaies anciennes :
« Les appellations ont été très diverses à toutes les époques. Tantôt les monnaies ont pris le nom des personnages qui les faisaient frapper, tantôt le nom de la localité ou elles étaient émises. Certains noms sont venus des types empreints sur les monnaies ou des titres portés par les seigneurs qui avaient émis le numéraire. Enfin il y a un grand nombre de dénominations particulières qui échappent à l'analyse ».
Que cela soit pour les reconstitutions historiques, ou pour l’écriture d’un ouvrage, se retrouver parmi la diversité des monnaies n’est pas simple. Surtout que pour une même époque, plusieurs pièces différentes circulaient sous des dénominations très différentes, ce qui obligeait souvent nos aïeux à extrapoler la valeur d’une pièce par son poids et son métal (or, argent, cuivre, billon).
Voici une liste non exhaustive du nom des monnaies ayant eu cours en France au Moyen Age et pendant les deux siècles qui suivirent (elles sont également dans cette liste, car elles font souvnt références à des monnaies qui circulaient au Moyen Age) :
AGNEL, AGNELET, AIGNEL Nom donné à des monnaies d'or qui portent l'agneau comme type.
« L'agnel est créé le 10 mai 1417. Dès le 21 octobre 1417, une seconde émission est ordonnée avec des agnels d'or au titre réduit d'un carat. Cette seconde émission fut notamment accompagnée par la création du heaume et du demi-heaume d'or, et par la seconde émission d'une florette et une 6e émission du guénar et du demi-guénar. Les monnaies royales françaises passèrent d'un pied 40e à un pied 60e. » (2)
 Exemple d’agnel de la première émission de 10 mai 1417 Charles, Roi de France Description (Avers) Agneau pascal tenant une croix avec gonfanon (Revers) Croix tréflée et feuillue cantonnée de 4 lis dans un quadrilobe anglé cantonné de 8 lis Inscriptions (Avers) + AGN DEI QVI TOLL PECAT MVDI MISE NOBIS Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde, prends pitié de nous (Revers) +XPC VINCIT XPC REGNAT XPC IMPERAT Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ commande Crédits photo Bibliothèque Nationale de France
ALBUS Monnaie du XVIIe siècle. En français blanc, en allemand weisspfennig.
ANGELOT L’Ange ou Angelot tire son nom de l'archange saint Michel terrassant le démon (dragon) qui s y trouve figuré. L'angelot valait un écu d'or ; il fut émis en 1340.
 Exemple d’ange, ange d'or de la 1ère émission, 27 janvier 1341 Philippe, Roi de France et l’archange Saint Michel Description (Avers) Saint Michel couronné debout sous un dais gothique appuyé sur un écu de France et transperçant d'une croix le dragon ; polylobe (Revers) Croix fleuronnée dans un quadrilobe cantonnéde quatre couronnes Inscriptions (Avers) PHILIPPVS:D' GRA' FRAC:REX Philippe, par la grâce de Dieu, Roi des Francs (Revers) +XPC:VINCIT:XPC:REGNAT:XPC:IMPERAT Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ commande Crédits photo Bibliothèque Nationale de France
ANGEVINS C'est la monnaie d'Angers qui eut cours du Xe au XIVe siècle. Les pièces postérieures à 1266, représentant Charles Ier portent le titre de « Roi de Sicile ».
ARNAUDINS On donnait ce nom à la monnaie d'Agen, parce que l'évêque Arnaud avait commencé à la frapper au XIIe siècle.
ASSIS Nom latin du schilling, notamment sur des monnaies de Strasbourg.
ASPRE Monnaie de compte de Turquie dont la valeur a beaucoup varié (En moyenne, 2 centimes). On donnait ce nom à diverses monnaies de l'Orient latin. XIIIe siècle.
AUGUSTALE Monnaie d’or frappée en Italie par l'empereur Frédéric II, en imitation des anciennes monnaies romaines. Elle portait son buste et au revers un aigle.
BAUDEQUIN Monnaie du XIIIe siècle, valant 6 deniers, qui représentait le roi assis sous un baldaquin.
BATZ Monnaie de Berne, tire son nom de l'ours, bœtzen, armes de la cité. XVIIe siècle.
BERNARDINS Monnaie de la seigneurie d'Anduze (Languedoc) portant un grand B dans le champ, émise sous Bernard II, seigneur d'Anduze, au XIIè siècle.
BESANT Cette appellation venue de Byzance, paraît avoir servi à toute sorte de pièces d'or.
BLANC Sous Philippe de Valois, le grand blanc valait 10 deniers et le petit blanc 6 deniers. Charles V, Charles VII, Louis XI et Louis XII rendirent au grand blanc sa valeur de 12 deniers.
 Exemple de blanc au K du 20 avril 1365 Charles V, Roi de France Descriptions K couronné entre 2 lis ; bordure de 12 lis Inscriptions (Avers) DEI : GRACIA Par la grâce de Dieu (Revers) SIT NOMI DNI BENEDICTUM Béni soit le nom du Seigneur Crédits photo Bibliothèque Nationale de France
CARLIN Monnaie d'argent sur laquelle est figuré le prince assis sur un siège dont les bras sont des lions. Cette monnaie fut importée d'Italie par les comtes de Provence.
CAROLUS Le Carolus, marqué d'un K, valait 10 deniers sous Charles VIII. Monnaie d'or d'Angleterre qui valait 13 livres 16 sous de France.
 Exemple de Carolus Le Billon d’aur et d’argent, de plusieurs Royaumes, Ducés, Contés, Païs et villes. Lambert 1552, page 12
CHAISE Monnaie d'or frappée depuis le règne de Philippe le Bel, sur laquelle est représenté le roi assis sur un trône.
 Exemple de chaise, du 22 août de 1290 Philippe IV de France (Philippe le Bel) Descriptions Le roi assis de face sur un trône gothique, tenant un sceptre fleur de lisé et un lis dans un polylobe cantonné de trèfles Inscriptions + PHILIPPVS DEI GRA FRANCHORVM REX Philippe, par la grâce de Dieu, Roi de France Crédits photo Bibliothèque Nationale de France
COQUIBUS Les évêques de Cambrai frappaient une monnaie qui portait un aigle. Le peuple considérant cet oiseau comme un coq, appela la monnaie Coquibus. Des Coquibus étaient également émis à Elincourt et à Wallincourt. Ceux de cette dernière localité, en 1306, devaient avoir cours pour une maille tournoye.
COURONNE Monnaies d'or ou d'argent portant une couronne dans le champ, qui parurent sous Philippe de Valois.
 Exemple de chaise, du 29 janvier 1340 Philippe VI de France (Philippe de Valois) Descriptions (Avers) Couronne entourée de 6 lis (Revers) Croix feuillue et glandée cantonnée de 4 lis couronnés dans un polylobe cantonné de 4 trèfles Inscriptions (Revers) +oXPC VINCIT XPC REGNAT XPC IMPERAT Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ commande Crédits photo Bibliothèque Nationale de France
CORONNAT Sols et deniers de cuivre, monnaies frappées par les comtes de Provence et imitées par Charles le Mauvais.
DENIER Monnaie de compte et monnaie réelle. Le denier valut approximativement 2 fr. 23 sous la première race, 2 fr. 52 et 3 fr. 49, sous Pépin et sous Charlemagne. Il y avait aussi le denier d'or à l'agnel, à l'écu, aux fleurs de lis, etc.
 Exemple de denier sous Charlemagne Descriptions (Avers) Buste lauré drapé et cuirassé à droite (Revers) Temple tétrastyle Inscriptions (Avers) KAROLVS IMP AVG (Revers) XPICTIANA RELIGIO Crédits photo Bibliothèque Nationale de France
DOUBLE Pièce valant deux deniers (double parisis, double tournois) qui parut en 1295.
 Exemple de double parisis, 11 juillet 1355 Jean II Roi, de France Descriptions (Avers) Couronne (Revers) Croix et lis Inscriptions (Avers) + IOHANNES REX Jean, Roi (Revers) FRAN Crédits photo Bibliothèque Nationale de France
DOUBLON Monnaie d'or d'Espagne, frappée depuis 1497, qui valut environ 21 fr. 64, jusqu'en 1796. Il y a aujourd'hui plusieurs espèces de doublons.
DRIELANDERS Jean IV, duc de Brabant, comte de Hainaut et de Hollande, créa le 17 février 1420, des espèces d'argent qui devaient avoir cours dans ces trois provinces. C'est de là que vint ce nom de Drielanders. Le Drielander valait 16 deniers tournois et avait des divisions de 12, 8, 6 et 4 deniers(3).
DUCAT Monnaie étrangère à laquelle François Ier donna cours en France, en 1546, pour une valeur de 46 sous et quelques deniers. Le ducat d'Espagne ou double ducat valut, sous Henri III, 6 livres 4 sous de monnaie française. Sous Louis XIII, le double ducat d'Espagne et de Flandre, appelé aussi ducat à deux têtes, valait 10 livres.
ECU Les écus d'or commencent en 1336, et valaient alors 25 sous. On les appelait ainsi parce que le roi y était représenté tenant un écu. Il y a eu des écus au soleil ou écus-sol, des écus à la couronne, des écus heaumés, des écus à la salamandre, au porc-épic, suivant les différents emblèmes qui accompagnèrent l'écusson. Depuis Louis XIII, on frappa des écus de 6 livres et de 3 livres (Demi-écus).
 Exemple d’écu au soleil du Dauphiné de 1483 Charles VIII, Roi de France Descriptions (Avers) Armes écartelées de France et de Dauphiné couvrant le champ ; en haut : soleil (Revers) Croix fleurdelisée Inscriptions (Avers) KAROLVS:DEI:GRA:FRACOROM:REX:G: Charles, par la grâce de Dieu, Roi de France (Revers) XPS:VISIT:XPS:REGNAT:XPS IPERAT Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ commande Crédits photo Bibliothèque Nationale de France
ENGROIGNE Petite monnaie de Bourgogne (4).
ESTERLING Monnaie d'origine anglaise, qui portait une tête couronnée et au revers une croix cantonnée généralement de douze besants. Ces pièces furent copiées presque dans toute l'Europe (5).
FLORIN La monnaie d'or au type d'une fleur de lis très ornée tire son nom de Florence où elle fut frappée pour la première fois. Cette monnaie a eu une très grande vogue au XIVe siècle(6). Plus tard, le nom de florin a été donné à des monnaies d'argent.
 Exemple de florin d’or, dit « à la Reine », 1305 Philippe IV, Roi de France Descriptions (Avers) Le roi assis de face sur un trône, couronné, tenant un sceptre fleurdelisé et un lis (Revers) Croix fleuronnée et feuillue cantonnée de quatre lis Inscriptions (Avers) + PHILIPP' DEI GRA FRACHORV REX Philippe, par la grâce de Dieu, Roi de France (Revers) + XPC VICIT XPC REGNAT XPC IMPERAT Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ commande Crédits photo Bibliothèque Nationale de France
FRANC Les francs d'or qui remontent à 1360, représentaient le roi armé de toutes pièces et à cheval (franc à cheval). Charles V frappa des francs à pied sur lesquels le roi est représente debout sous une arcade gothique. On nomma aussi ces pièces francs de lis d'or, parce que le champ en était semé de lis. - Des francs d'argent portant la tête du roi et la légende Sit nomen Domini benedictum, parurent sous Henri III, Charles X, Henri IV et Louis XIII.
 Exemple de franc à cheval Jean II, Roi de France Descriptions Le roi à cheval au galop levant l'épée Inscriptions IOHANNES DEI GRACIA FRANCORV REX Jean, par la grâce de Dieu, Roi de France Crédits photo Bibliothèque Nationale de France
FLORETTES De grands blancs valant 20 deniers tournois ou 16 deniers parisis, sous Charles VI, ils reçurent le nom de florettes à cause des lis qui en formaient le type principal.
GROS Monnaie créée par saint Louis et valant 12 deniers ; appelée quelquefois gros blanc ou gros denier blanc. Henri II créa une pièce de monnaie appelée gros, qui valait 2 sous 6 deniers ou 6 blancs (les demi-gros valaient 3 blancs). On appelait aussi ces pièces gros et demi-gros de Nesle, parce qu’Henri II avait établi à l'hôtel de Nesle (dans les dépendances de l'hôtel actuel des monnaies) un atelier spécial pour la fabrication de ces nouvelles espèces de billon (1550).
 Exemple de gros de 6 blancs Henri II, Roi de France Descriptions (Avers) H couronnée entre 3 lis (Revers) Croix entre 4 fleurs de lis Inscriptions (Avers) + HENRICVS.II.DEI.G.FRANCORVM.REX Henri II, par la grâce de Dieu, Roi de France (Revers) SIT NOMEN DNI BENEDICTUM 1550 Béni soit le nom du Seigneur 1550 Crédits photo Bibliothèque Nationale de France
HARDI Ce mot vient de l'anglais farthing ; par changement de ing en in, de th eu d, en Angleterre ; de in en ii ou y et F en H en Gascogne, farthing devient fardin, puis hardy. Le farthing est précisément le quart du penny, comme le liard (li ardit) est le quart du sol(7)
 Exemple de hardi, première émission du 14 octobre 1467 Louis XII, Roi de France Descriptions Le roi couronné, debout de face à mi-corps, tenant l'épée Inscriptions LVDOVICVS : DEI GRACIA Louis, par la grâce de Dieu Crédits photo Bibliothèque Nationale de France
HELIENS Deniers du Périgord qui tiraient leur nom du comte Hélie II.
KOPEK Monnaie russe, de cuivre, valant le centième du rouble (c'est-à-dire 4 centimes).
KREUZER De l'allemand kreuz, croix. Monnaie qui est généralement la soixantième partie du gulden ou florin, C'est aussi une monnaie de compte.
LIARD Monnaie du XVIe et XVIIe siècle. Ce mot vient de li ardit (v. Hardi). Le liard valait 3 deniers. Des lettres patentes du 4 juillet 1658, réduisirent la valeur de cette monnaie à 2 deniers, mais l'ancien cours fut repris en 1694.
 Exemple de liard de 1566 Charles IX, Roi de France Descriptions C couronnée ; dessous : A Inscriptions CAR.IX.D.G.F.R.1566 Charles IX, par la grâce de Dieu, Roi de France 1566 Crédits photo Bibliothèque Nationale de France
LION Monnaie d'or portant un lion, émise en 1338.
 Exemple de Lion d’Or, du 31 octobre 1338 Philippe VI, Roi de France Description Le roi assis de face sur un trône gothique, tenant un sceptre long fleuronné et un sceptre court fleurdelisé ; à ses pieds : un lion Inscription o PH DEI GRA o-o FRANC REX o Philippe, par la grâce de Dieu, Roi de France Crédits photo Bibliothèque Nationale de France
LIVRE Le franc d'or de Jean et de Charles V valait 20 sous ou 1 livre, comme plus tard le franc d'argent de Henri III. C'est pour cela que les mots franc et livre ont été souvent synonymes. Comme monnaie de compte(8), la livre valait 20 sous, dans les systèmes tournois et parisis. La livre parisis valait un quart de plus que la livre tournois (c'est-à-dire 20 sous parisis ou 25 sous tournois).
LOUIS Monnaie du XVIIe siècle. Le louis d'or et ses multiples ont été fabriqués en vertu de l’édit du 31 mars 1640. La valeur du louis, primitivement de 20 livres, a beaucoup varié depuis Louis XV jusqu'à la Révolution. Les louis d'argent, de 60, 30, 15 et 5 sous datent de la même époque ; on a donné aussi à ces pièces le nom d'écu, parce qu'elles portent l'écusson de France.
MAILLE Ce mot (latin medalea, medalia) viendrait de media, avec le sens de demi(9). Cette étymologie s'accorde fort bien avec la valeur de la maille qui a généralement été considérée comme la moitié du denier.
MANCUSE Monnaie d'or d'origine arabe ; on en frappa à Perpignan.
MARABOTIN Nom donné aux dinars d'or des Almoravides d'Espagne, qui eurent cours dans le midi de la France au XIIe siècle (Almoravides, de l'arabe al morabeth). Alphonse VIII les imita et fit des marabolins alfonsins. Raimond-Bérenger, comte de Barcelone, copia également les dinars arabes(10).
MARAVEDI Nom qui semble venir aussi des Almoravides. Maravédi de Vellon, trente-quatrième partie du réal ; maravédi de plata, double du précédent. Ce n'est plus qu'une monnaie de compte.
MARK Monnaie allemande divisée en 16 schillings de 12 deniers (pfennige).
MELGORIENS Les deniers de Melgueil.
MOUTONS Monnaie d'or à la grande laine, à la petite laine (v. Agnel).
NOBLES Les nobles à la rose étaient des monnaies d'or anglaises ainsi nommées parce que leurs types étaient gravés au milieu de lignes ondulées imitant les pétales d'une rose. Les nobles représentaient généralement le roi armé, dans une nef voguant sur la mer. Les nobles valaient d'abord 6 sous 8 deniers. Lorsque Rouen capitula le 13 janvier 1419, la ville dut payer 100.000 écus d'or, dont deux égaleraient un noble d'Angleterre. Les nobles Henris, autre monnaie anglaise, pesaient 14 grains de moins que les nobles à la rose.
PARISIS De 1330 à 1336, on frappa des monnaies appelées parisis d'or, qui valaient une livre parisis, et des parisis d'argent, valant 12 deniers ou un sou parisis. Plus tard, les parisis redevinrent une monnaie de compte plus forte d'un quart que la monnaie tournois.
 Exemple de Parisis d’Or, du 6 septembre 1329 Philippe VI, Roi de France Description Le roi assis de face sur un trône gothique, tenant un sceptre fleurdelisé et la main de justice ; à ses pieds : deux lions Inscription + PHILIPPVS DEI GRA FRANCORVM REX Philippe, par la grâce de Dieu, Roi de France Crédits photo Bibliothèque Nationale de France
PATARD ou patar Monnaie frappée sous Louis XII valant à peu près le liard. Les patards furent très répandus en Flandre.
PIASTRE Monnaie espagnole valant environ 5 francs, en 1722 ; fut nommée piastre forte lorsque sa valeur eut un peu augmenté.
PISTOLE Monnaie d'or d'Espagne de la même valeur que les louis d'or, qui devint au XVIIe siècle une monnaie de compte représentant 10 livres.
PITE ou Pougeoise Monnaie qui valait la moitié de l'obole ou maille.
RAIMONDINS Deniers frappés par les comtes de Toulouse du nom de Raimond.
REAL Monnaie d'Espagne et de Portugal.
 Exemple de Real Henri, Roi de France Le Billon d’aur et d’argent, de plusieurs Royaumes, Ducés, Contés, Païs et villes. Lambert 1552, page 13
RIXDALE Terme corrompu de Reichsthaler. Monnaie d'argent usitée en Allemagne, en Hollande, en Suède, en Danemark. Sa valeur a beaucoup varié.
ROUMOIS En Normandie, roumois et angevins étaient pris les uns pour les autres. Les roumois étaient probablement les monnaies frappées à Rouen ou ayant cours dans cette ville (11).
ROYAL Nom donné à des monnaies d'or présentant la figure du roi sous un dais gothique.
 Exemple de Royal d’Or, du 16 février 1326 Charles IV, Roi de France Description Le roi debout, couronné, tenant un sceptre fleurdelisé sous un dais gothique Inscription cKOL';REX; - .FRA'.COR' Charles, Roi de France Crédits photo Bibliothèque Nationale de France
RYDER Monnaie de Hollande, appelée ainsi du cavalier qui y était représenté. Le Ryder d'or valait 14 florins ; le Ryder d'argent est appelé aussi ducaton.
SAIGA Nom donné à la monnaie mérovingienne d'argent qui s'est substituée au triens.
SALUT Les saluts d'or qui paraissent sous Charles VI, Henri V et Henri VI, valaient 25 sous. Ces pièces représentaient la salutation angélique.
 Exemple de Salut d’Or, du 11 août 1421 Charles VI, Roi de France Description (Avers) Ecu de France couronné entre l'Ange et la Vierge ; au dessus : AVE dans un philactère et (Revers) Croix latine accostée de 2 lis ; dessous : k; le tout dans un polylobe fleurdelisé Inscription + KAROLVS DEI GRACIA FRANCORVM REX Charles, par la grâce de Dieu, Roi de France +XPC VINCIT XPC REGNAT XPC INPERAT Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ commande Crédits photo Bibliothèque Nationale de France
SEQUIN En italien zecchino (de zecca, atelier monétaire). Monnaie d'or émise d'abord à Venise, a une valeur approximative de 12 francs. Ce nom est donné à une monnaie d'or turque.
SIX BLANCS Autre nom des gros de Nesle ; ces pièces et celles de 3 blancs correspondaient au sou et au double sou parisis. Louis XIV frappa également des pièces de 6 blancs (édit d'août 1656).
SOU A l'époque mérovingienne, le sou d'or valait 40 deniers et le sou d'argent 12 (12), Louis XIV fit fabriquer des sous et des doubles sous (19 novembre 1657) ; les émissions se succédèrent depuis cette époque. La refonte de ces espèces eut lieu en 1853. Comme monnaie de compte, le sou était le vingtième de la livre.
TESTONS Les testons, portant la teste du prince, commencèrent à paraître en Italie, au XVe siècle. Louis XII en fit frapper en France en 1513. Sous le règne de Henri III, on remplaça les testons par les pièces de 20 sous.
THALER Monnaie d'argent allemande, divisée en 20 gros (autrefois en 24), valant de 3 fr. 70 à 3 fr. 90.
TOURNOIS Monnaie tirant leur nom de la ville de Tours. Monnaie de compte employée concurremment avec la monnaie parisis, jusqu'à Louis XIV. Ce prince ayant aboli l'usage de compter par parisis, les comptes en tournois furent seuls admis.
VIERLANDER Monnaie qui se divisait en demis et en quarts, créée par Philippe le Bon (1430-1467) pour le Hainaut, le Brabant, la Flandre et la Hollande (13). En 1470, les virelans de Flandre avaient cours en France pour 12 deniers (14).
 Exemple de Double gros dit « Vierlander » Duché du Brabant Charles le Téméraire Crédits photo CGB – Compagnie Générale de Bourse
Abréviations courantes
Voici quelques abréviations courantes des inscriptions sur les monnaies.
D. G. : Dei Gratia F. R. : Francorum Rex CAL ou KOL : Charles XPC : Christ
Notes
(1) J. Adrien Blanchet, Nouveau manuel de numismatique du Moyen Age et Moderne, 1890, p. 29
(2) CGB – Compagnie Générale de Bourse : http://www.cgb.fr/
(3) Robert, Numismatique de Cambrai, Paris 1861, p. 138.
(4) In, Revue numismatique, 1843, 1845.
(5) V. J. Chautard, Imitations des monnaies au type esterlin, in-8, 1871-72
(6) Dannenberg, Numismatique Zeitschrift, Vienne, 1880, p. 146-185.
(7) Adrien de Longpérier, Revue numismatique, 1884, p. 108).
(8) In, Revue numismatique, 1888, p. 34
(9) L. Blancard, Ordonnance de 1315, 1883, p. 56
(10) In, Revue numismatique, 1844, p. 278 ; 1856, p. 64, etc.
(11) L. Delisle, Revenus publics en Normandie, Bibliothèque de l’Ecole des Chartes, 1848-49, p. 186
(12) Guérard, Prolégomènes du polyptique d'Irminon, p. 114
(13) Chalon, Recherche sur les monnaies des comtes de Hainaut, p. 116
(14) F. Le Blanc, Traité historique des monnoyes de France, Paris 1690 ; Amsterdam, 1692 (avec la dissertation historique sur les monnaies de Charlemagne). Page 309.
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