Numéro 15 - Janvier 2008
Li Cris le Herault
Editorial
par Elisabeth Féghali
Croyances & superstitions
De l'usage des animaux
par François-Xavier Féghali
Etats latins d'Orient
La Prise d'Antioche 3/3
par Maxime GOEPP
par Benjamin Saintamon
Critique de Roman historique
Un Yankee à la Cour du Roi Arthur
par Shimrod
Linguistique
Traire, trayre, treire, trere, verbe
par François-Xavier Féghali
Architecture religieuse
Reconstitution de la Chapelle de Planès
par François-Xavier Féghali
Critique de Roman historique
Sorties Romans Historiques
par François-Xavier Féghali
Cuisine médiévale
Recette du grave d'écrevisses
par François-Xavier Féghali
Recette du grave d'alouettes
par François-Xavier Féghali
Jeux & divertissements
The Guild 2
par François-Xavier Féghali
La Prise d'Antioche 3/3


La Prise d'Antioche
                                                        (troisième et dernière partie)

 

 

LES VAINQUEURS ASSIEGES


Les Turcs ne laissèrent que peu de temps aux Croisés pour jouir de leur victoire et pleurer leurs morts.
Le 4 avril 1198, la grande armée de secours seljûkide, sous le commandement du gouverneur de Mossoul Kerboga paraissait sur l'Oronte et atteignait le Pont de Fer,  où la petite garnison franque qui avait eu la charge d'en défendre l'accès fut massacrée.
Sachant l'armée turque toute proche, Bohémond tenta vainement de négocier une reddition pacifique de la citadelle que tenait toujours le fils de Yâghi Siyan, et, pour ce faire, racheta la tète de son père qu'il vint exposer aux défenseurs, leur démontrant que toute résistance était  désormais vaine.
C'est à ce moment que les premiers contingents de cavalerie seljûkide parurent sous les murailles de la ville, mettant ainsi fin aux pourparlers…

Le 7 avril, le gros des troupes turques achevait sa concentration autour d'Antioche et Kerboga envoya son lieutenant Ahmed Ibn Merwan investir la citadelle d'Antioche, que lui livra le fils de Yâghi Siyân, Shams al-Dawla.


Vue générale de la citadelle.
En arrière de l'image se cache la ville.

(Cliché Maxime Goepp)


Comprenant la force de la position, Kerboga choisit d'y installer son camp, et pu se livrer les premiers jours de siège à de terribles incursions dans la ville. Bohémond et le comte de Toulouse, qui étaient les premiers à souffrir de ces coups de main meurtriers, prirent l'initiative de construire à la faveur de la nuit, des lignes d'obstacles, consistant essentiellement en des tranchées et des murs de pieux et de pierres, destinées à protéger les quartiers de la ville au pieds de la montagne que couronne la citadelle. La garde de ces éléments fortifiés sommaires fut confiée à de solides chevaliers.

Les escadrons turcs investirent progressivement les fortins construits par les Croisés autour de la ville.
Robert de Flandre, à qui avait été confiée la garde de Château Raymond sur la rive orientale de l'Oronte, ne pu tenir dans sa redoute plus de deux jours, y mit le feu et l'évacua à la faveur de la nuit. De même, Godefroi de Bouillon jugea préférable le 8 juin de faire évacuer ses troupes le château de Malregard, avec de grandes pertes.

Devant le manque de pâturages pour les chevaux sur les hauteurs de la ville et la difficulté du terrain1 , Kerboga choisit finalement d'installer son camp dans la plaine et de bloquer toutes les portes de la ville, sachant pertinemment, grâce aux nombreux déserteurs chrétiens, la disette qui régnait  déjà dans leur camp.

De part l'importance de ses troupes, Kerboga pu investir totalement les quinze kilomètres de muraille, rendant impossible toute communication avec l'extérieur, si bien qu'enfermés dans une ville qu'ils avaient si laborieusement affamée, les assiégeants de naguère eurent très vite à souffrir de la plus cruelle famine.

            

"Qui trouvoit un chien mort ou un chat, il le menjoient à grand délices (…) Là poist l'en veoir les chevaliers et les sergenz qui avoient ésté si forts et si durs et si preu en totes besoignes, or estoient si febles et si ateint qu'il s'en aloient par les rues, apoiant as bastons, les testes abessiées et demandant du pain"



Le Chevalier Anonyme raconte que

            

"les impies et ennemis de Dieu nous tenaient si étroitement bloqués dans Antioche, que beaucoup moururent de faim. (…) Tout était hors de prix et la famine était si grande que l'on faisait cuire pour les manger des feuilles de figuier, de vigne, de chardon. D'autres faisaient cuire et mangeaient des peaux desséchées des chevaux, des chameaux ou de bœufs… (…) Les gens du peuple, dénués de ressources, étaient réduits par la faim à dévorer leurs souliers de cuir ; un grand nombre faisait bouillir au feu des racines d'orties et de toute autres herbes de bois, et s'en nourrissaient misérablement, puis ils tombaient malades et mourraient en grand nombre tous les jours"

 
Au bout d'une semaine de siège, l'abattement était général. Certains chevaliers renommés, tels Guillaume de Grandmesnil et ses frères, ou encore Raoul de Fontenelle, décidèrent de rejoindre le camp des déserteurs. Quand au petit matin, on découvrit leur trahison, Bohémond défendit à quiconque d'enlever les cordes qui leur avaient permis de descendre des courtines,

            

 "afin qu'elles demeurassent, pour témoignier à jamais à la postérité l'opprobre de ceux qui s'en étaient servi".

Les veilles prolongées, la faim, les escarmouches incessantes rendaient peu à peu les soldats désespérés et sans forces.

             

 "Il se lessoient cheoir en désespérance, ne vouloient mès (désormais) nul travail soufrir qui appartenist à défense de la ville ; tuit se reponoient en leur ostiaux ".




Plus grave encore, ils rechignèrent bientôt à venir assurer les gardes ou faire face aux assauts répétés des Turcs sur les murailles.
Cette anémie faillit d'ailleurs plus d'une fois leur coûter la ville. Ainsi, une des tours près de celle des Deux-Sœurs, aurait été emportée une nuit sans le courage de trois chevaliers flamands, qui, de garde sur une tour voisine, aperçurent les soldats turcs sur les murailles et refoulèrent des ennemis bien plus nombreux jusqu'à l'arrivée de renforts…

Il n'y avait guère plus que Bohémond, pour rester inébranlable :

                

 "Buiemont aloit toute nuit parmi la ville avec grant compaignie de gent et grant planté de luminaire por cerchier que il n'i peust avoir point de péril ne de traïson".




Un jour de grand péril, ce dernier du mettre le feu à la cité, afin d'empêcher les soldats léthargiques de s'enfermer dans les maisons au lieu d'aller défendre les tours et remparts.


Vue générale de la ville moderne.
A l'époque de la croisade, la ville avait beaucoup souffert de l'occupation arabe
et ne comptait plus que le quart de la population que les byzantins lui avait permis de nourrir.
(Cliché Maxime Goepp)

                

 "Un jor, avint que Buiemont, ot afere [besoin] de genz pour les assaux dehors. Il fist crier son ban qui tuit venissent, mès nus n'i vint. Il envoia genz por les querre par leur osteus mès ne les en pooit geter. Au derenier, fist bouter le feu par la ville en plusieurs leus ; lors issirent enmi les rues à granz presses"




Le seul véritable espoir pour les défenseurs aurait été de voir paraître l'armée de secours promise par l'empereur byzantin Alexis Comnène ou de quelques renforts venus d'occident par voie de mer…
Comble du malheur, certains déserteurs, qui avaient pu gagner le port de Saint Siméon, propagèrent la nouvelle de l'anéantissement de l'armée franque, effrayant les escadres de passage.
Pire encore, le comte Etienne de Blois, qui s'était réfugié à Alexandrette (aujourd'hui Iskanderun) durant le siège, apprit la situation critique de ses frères d'arme. Pris de remords, Etienne2 se rendit secrètement avec ses troupes sur une montagne voisine d'Antioche, d'où il aperçut la nuée des tentes des armées de Kerboga. Horrifié, il s'enfuit en direction de Constantinople et rencontra sur sa route le basileus Alexis Comnène qui s'apprêtait, de Philomélion (Aqshéhir), à rejoindre à la tête de toutes ses forces les Croisés sous Antioche.
Désirant justifier sa fuite, le comte de Blois lui confirma l'anéantissement de la Croisade, lui conseillant de rebrousser chemin. Alexis, dont la volonté de venir en aide aux Croisés ne peut être mise en doute, fut convaincu qu'une descente sur Antioche n'avait plus lieu d'être, si ce n'est de risquer une rencontre périlleuse avec la grande armée seljûkide. La lâcheté d'Etienne de Blois, doublée de ses mensonges priva ainsi l'ost franque du concours des Byzantins, au moment où celui-ci aurait été le plus précieux.




LA SAINTE LANCE : LA VICTOIRE


Alors que de plus en plus de chefs et barons songeaient à s'enfuir nuitamment, et qu'aucune harangue ne pouvait plus les retenir, un événement inattendu changea le cours des choses…
Un pèlerin provençal, nommé Pierre Barthélemy, était sujet depuis quelques temps à des songes répétés où Saint André lui apparaissait et lui indiquait l'endroit où était enfoui la lance qui perça le flanc du Christ crucifié.
Le pauvre pèlerin, après maintes hésitations tenant à sa piètre condition, rendit finalement compte de ses visions à ses chefs naturels qu'étaient l'évêque du Puy Adhémar de Montreil et  le comte Raymond de Saint Gilles. Ce dernier crut immédiatement à son histoire et lui permit d'affouiller le sol de l'église de Saint Pierre, lieu indiqué dans ses songes.
 
Le Lundi 14 juin, selon les consignes du Comte de Toulouse, on fit évacuer l'église, et l'on commença à creuser à l'endroit désigné par le pèlerin provençal. A la fin de la journée, alors que d'aucuns désespéraient de trouver la lance, Pierre Barthélemy descendit lui même dans la fosse et, "implorant Dieu qu'il lui livra la lance, pour rendre le courage à son peuple, et assurer la victoire", découvrit le miraculeux bout de métal3

Cette surprenante découverte remplit l'armée d'une joie et d'une espérance indicibles 

              

 "Aussitôt consolés et fortifiés par cette heureuse découverte se rappelle le Chevalier Anonyme, nous, qui auparavant étions en proie à l'affliction et l'effroi, maintenant pleins d'ardeur et d'audace, nous nous excitons les un les autres à combattre ."




Bohémond, constatant le rétablissement du moral de l'armée, proposa au conseil de guerre suivant d'opérer une sortie en masse pour surprendre les assiégeants, ce en quoi il fut approuvé.


détail de la citadelle
(Cliché Maxime Goepp)

En effet,

              

 "ne pouvant supporter une telle calamité, petits et grands déclarèrent, après s'être consultés, qu'il valait mieux mourir dans les combats que de succomber à la cruelle famine, et voir de jour en jour dépérir le malheureux peuple chrétien ."




Toutefois, on décida qu'auparavant, une délégation sous la conduite de Pierre l'Ermite serait envoyée au gouverneur de Mossoul, "afin qu'il renonça à assiéger la ville, parce qu'elle appartenait à la juridiction du bienheureux Pierre et des Chrétiens" et pour lui proposer un combat entre vingt champions des deux camps, lequel déciderait du sort de la ville.
Bien évidemment, cette requête ne recueillit que les sarcasmes des Turcs.

Il fallut alors fourbir les armes et les âmes :

                

 "il fut ordonné à tous les chrétiens d'avoir à passer la nuit en prières, à se purifier de leurs fautes pas la confession et à se fortifier par le sacrement du corps et du sang du Seigneur, et à se revêtir de leurs armes dès le point du jour."




Tandis que l'armée franque reprenait ainsi courage, de fortes dissensions naissaient au sein de l'armée turque, notamment du fait des rivalités grandissantes entre éléments turcs et arabes. Par ailleurs, il semble que le gouverneur de Mossoul fit preuve de mauvais procédés envers ses émirs et alliés qui finirent de les désolidariser de son commandement.

Le 28 juin 1098, au petit matin, l'armée franque sortit, transcendée par la Sainte Lance, et se rangea lentement en ordre de bataille  devant la porte du Pont. Raymond de Toulouse, "qui était malade à la mort ", était resté quant à lui avec deux cent hommes à l'intérieur de la ville pour contenir une éventuelle sortie de la garnison de la citadelle.
 
Le clergé, force spirituelle de l'armée, prit une fois de plus une part non négligeable aux préparatifs de la bataille :

                

 "Nos évêques, prêtres et moines, revêtus des vêtements sacrés, sortirent avec nous, priant et suppliant le Seigneur de nous sauver. D'autres se tenaient sur le mur de la porte, tenant les crois sacrées dans leurs mains, nous signant et bénissant. C'est ainsi ordonnés que nous sortîmes par la porte face à la Mahomerie."




Au moment même où les Francs effectuaient leur sortie pour venir se déployer face aux Turcs, les émirs de l'entourage de Kerboga lui enjoignirent de fondre sur eux alors qu'ils étaient à la manœuvre, et avant qu'ils ne soient tous sortis.
Cependant, Kerboga, alors en pleine partie d'échecs, et se flattant de "les massacrer tous à la fois", s'y opposa formellement et interdit à ses lieutenants d'engager la bataille avant que les Francs ne soient tous dans la plaine.
L'armée franque pu ainsi se déployer tranquillement sur la rive ouest de l'Oronte et s'élança aussitôt contre les Turcs.

 Une pluie légère se mit à tomber.

                

"Lorsque nous commençâmes à sortir pour aller combattre, le Seigneur envoya sur toute son armée une pluie divine, pluie fine, mais tellement agréable, que quiconque en était atteint se sentait rempli de toute grâce et toute force, méprisait les ennemis et marchait comme s'il eut toujours été nourri au milieu des délices des rois"




Kerboga fit alors reculer lentement son armée et envoya un corps de cavalerie de façon à prendre à revers l'aile gauche franque. Mais Bohémond comprit le stratagème et préleva sur ses troupes un corps commandé par Renaud de Toul pour leur barrer la route.
Le combat s'engagea finalement et l'armée seljûkide se débanda progressivement face à la furia franque. En vain, les Turcs mirent le feu aux broussailles, mais un élan irrésistible  animait les Francs, qui atteignirent bientôt la tente de Kerboga, après avoir mis en fuite les derniers escadrons turcomans. Il s'ensuivit une débâcle générale.

En plein milieu de l'action, on vit

                

"sortir de la montagne des troupes innombrables, montées sur des chevaux blancs, et blancs étaient aussi leurs étendards (…) Ce témoignage doit être cru, s'écrie l'Anonyme, car plusieurs des notres virent ces choses."




Conformément aux ordres de leurs chefs, les Francs ne s'attardèrent pas au pillage mais poursuivirent l'ennemi sans relâche, jusqu'au Pont de Fer, voire jusqu'à Harrenc pour Tancrède.


Vue générale de la citadelle de Harrenc qui fut durablement aux chrétiens
aprés que ceux-ci aient repris les terres que les musulmans leur avaient enlevés.

(Cliché Maxime Goepp)


Les habitants chrétiens de la région, restés jusque-là dans l'expectative, se joignirent à la poursuite, coupant la route aux fuyards, en massacrant un grand nombre. Ce ne fut qu'au retour de cette chevauchée victorieuse que les Francs partagèrent le butin laissé au camp turc.

                

"Là trovèrent grant planté de richèce d'or et d'argent et de pierres précieuses, vessiaus de diverses façons et tapiz et drap de soie, tant que l'en que tuit en furent encombré du porter"




Le lieutenant à qui Kerboga avait confié la garde de la citadelle, ne pouvant espérer résister seul aux Francs, offrit de se rendre à condition d'avoir la vie sauve.  Bohémond offrit sa bannière qui fut déployée sur la citadelle, et les derniers Turcs d'Antioche purent se retirer en toute sécurité.


détail des parements de l'enceinte urbaine
(Cliché Maxime Goepp)

Il se passa durant cette journée ainsi que pendant le siège de la ville d'Antioche beaucoup d'autre faits, étonnants et inconnus, tant parmi le peuple des chrétiens que chez les Gentils, mais ni la plume, ni la mémoire des hommes ne pourraient suffire à les rapporter, tant ces faits sont nombreux et rapportés de diverses manières. 

Ces événements hors du commun eurent lieu le 28 juin, la veille de la fête des apôtres Pierre et Paul, sous le règne du Seigneur Jésus-Christ, à qui sont honneur et gloire pour l'éternité des siècles.

 

 


Notes

Le sentier reliant la citadelle à la ville est en effet d'accès difficile du fait de la très forte déclivité du terrain, et ne pouvait donner lieu qu'à des entreprises d'envergures limitées.


Parcequ'elle est accrochée au pied du Mont Silpius,
il est possible, depuis la citadelle,
de descendre directement à l'intérieur de la cité
.
(Cliché Maxime Goepp)

Ce comte, "qui si laidement s'estoit parti des autres" devait revenir bien vite en Terre Sainte sous les reproches de sa " très Chère Adèle " et sous la menace de l'excommunication proférée par le pape Urbain II envers tous les déserteurs de la Croisade. Il prit donc part à l'arrière croisade lombarde et s'enfuit une fois de plus lorsque la situation devint critique en Anatolie. Désirant terminer son pèlerinage à Jérusalem, il y arriva finalement le 20 mars 1102, soit près de six ans après son vœu. Au moment de partir, des vents contraires le retenant à terre, il combattit sous les ordres de Baudouin, devenu entre temps roi de Jérusalem, et fut capturé lors d'une escarmouche pour être exécuté par les Fâtimides devant les murailles d'Ascalon, le 19 mai 1102.

Peu après le siège d'Antioche, alors que l'armée franque piétine devant Archas, en proie à d'autres doutes, Pierre Barthélemy aura d'autres visions, qui lui occasionneront de vifs reproches parmi les prêtres, certains l'accusant de faire par ses visions le jeu des Provençaux. Pour faire éclater la vérité, ce premier demandera à subir l'épreuve du feu, à laquelle il ne survivra pas, de même que la croyance en la Sainte Lance.


photo générale de site d'Archas :
si le telle est aujourd'hui pelé,
les excavations entreprises ces dernières années
ont révélées 5000 ans d'histoire.

(Cliché Maxime Goepp)

Les citations, sauf mention contraire, sont extraites de La Chronique anonyme de la première croisade ou de l'Historia rerum in partibus transmarinis gestarum de Guillaume de Tyr.



Fin de la troisième et dernière partie.


 


Maxime Goepp et Benjamin Saintamon
www.orient-latin.com

 

 

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